Les TIC et la bonne gouvernance dans les mouvements associatifs congolais: cas du Centre pour Handicapées de Kintambo
Le terme de gouvernance est un mot vague, et controversé. Il est vague par son succès même, qui a étendu son usage à de trop nombreux domaines de la pensée, de la communication, et de l’action, pour qu’il conserve encore un sens précis. Il est controversé par ailleurs, car ceux qui l’utilisent ne le font ni pour les mêmes raisons, et ni en vertu des mêmes principes. La gouvernance se veut une contribution à la résolution des problèmes de gouvernement mis à jour par l’évolution du contexte d’action de ce dernier. Elle est par essence plurielle, en réseau, transversale, et suppose l’absence d’acteur dominant. S’il répond à un objectif scientifique, le concept de gouvernance est relatif) la perte de contrôle du pouvoir politique sur les destinées collectives.
Le Centre pour Handicapées de Kintambo est un établissement public d’encadrement et d’hébergement social qui fonctionne sous la tutelle de la Ville province de Kinshasa et le Ministère des Affaires sociales. Il est situé dans la Commune de Kintambo, dans un quartier populaire (town sheep). Il a partenariat avec différents mouvements associatifs affiliés au département des affaires sociales du Gouvernorat de Kinshasa (Mairie Centrale) ainsi que les Ministères du Plan, des Affaires Sociales, du Genre, Famille et Enfants. Les personnes internées dans ce centre sont généralement les femmes et les filles mères. Il y a aussi quelques fois des hommes qui sont internés, pour une gouverne (3 à 4). Apport des TIC dans le développement des activités du centre Comme de coutume les « internes » du Centre pour Handicapés de Kintambo », une bonne cinquantaine de femmes dont l’âge varie entre 20 et 48 ans, presque en majorité mères de plus de deux enfants qui pour la plupart eux aussi internés dans le même centre, exercent leurs activités dans et/ou au tour du centre. Il s’agit des couturières qui travaillent dans l’atelier de couture du centre ; un atelier financé par le ministère congolais du Plan avec les fonds de la contrepartie RDC – Japon (120 mille dollars américains), comprenant essentiellement des machines à coudre (35 machines à pédale et 25 électriques), une salle d’exposition avec des accessoires pour la couture. Ce centre possède également une cabine téléphonique publique qui comprend 8 téléphones fixes, 3 portables et 2 ordinateurs, pour faire des appels (local, national et international) à des prix qui défient toute concurrence, la vente des cartes prépayées ainsi que les recharges électroniques. Le personnel de cette cabine est en majorité composé des internes de ce centre (6 personnes) et un dépôt de boissons. En dehors de la couture, les femmes handicapées de Kintambo exercent également d’autres activités telles que la vente du pain, la boisson (bière et jus) des brasseries locales, les vivres, etc. Au quotidien, ces dernières, doivent passer leurs commandes afin d’avoir des livraisons à domicile. Ces commandes se font par téléphone à travers leur cabine téléphonique. Les livraisons se font soit tôt le matin soit tard dans la nuit. Ces livraisons concernent le pain, par exemple, les camions de la boulangerie où ces femmes sont abonnées, leur fournit en moyenne chaque matin 25 mille pains à 80 francs l’unité qu’elle revendent à 100 francs pour retourner l’argent le soir afin de confirmer la prochaine commande. Ceci est pareil pour la compagnie nationale des boissons (gazeuses et bières) locales. Leurs camions passent plusieurs fois dans la journée pour déposer casiers de bière, jus et blocs de glace. Ainsi, toutes ces opérations se font sur communication téléphonique. Imaginez une fois lorsqu’il y a rupture de stock puisque la demande est toujours importante, étant donné que la commune (mairie) de Kintambo est l’une des anciennes communes de la ville de Kinshasa, si pas l’une des communes peuplées de la ville. Ce phénomène arrivent généralement après une grande pluie qui s’abat sur la ville, aux heures de pointe qui causent des embouteillages énormes, au cours des grandes manifestations (fêtes nationales, enterrements des illustres disparues, match de football, etc.). Il faut effectuer plusieurs appels pour rassurer les clients… Entretien avec Madame Mukandila Jacqueline Madame Jacqueline, bonjour. Vous êtes la directrice du Centre pour Handicapées de Kintambo. Dites-nous combien de temps vous avez passer à la tête de ce centre ? Quels ont étaient vos meilleurs moments et les mauvais ? Quelles sont vos difficultés ? Le Centre pour Handicapées de Kintambo est une œuvre sociale créée par le Gouvernement Congolais à travers le Ministère des Affaires Sociales en 1985, pour répondre aux besoins pressants de la population en ce qui concerne le logement des personnes vivant avec handicape, en majorité les femmes – mères et veuves, ensuite pour lutter contre le phénomène « Chégué » (enfant de la rue) à l’endroit des filles adolescentes et même adultes. En ce qui me concerne, je gère ce centre depuis l’entrée de l’AFDL en 1997, c’est-à-dire depuis 12 ans. Vous savez à cette époque, c’était l’ancien régime qui partait et le nouveau qui rentrait, alors il y a eu beaucoup de désordres au sein de la population : perte des logements, agressions physiques, perte d’emplois, maladies, etc. Ainsi donc les gagne – petit, surtout les femmes dont les maris étaient allés soit à la guerre, soit en exil se sont retrouvés femmes et/ou enfants de la rue, bien sure avec les conséquence que vous connaissez. A cette époque, j’étais chef à la division urbaine (ville de Kinshasa) du Ministère des affaires Sociales. J’étais en effet en charge du développement du programme de la réinsertion des personnes vivant avec handicape dans la vie active, j’entends l’instruction (formation, alphabétisation), activités génératrice des recettes (AGR). Ce programme nous l’avons développé ensemble avec les amis du Ministère de Genre, Famille et Enfants. L’objectif était de conjuguer nos efforts pour sortir de la rue d’abord la fille et/ou la femme. Vous le savez c’est honteux de voir des femmes et des filles passer la nuit à la belle étoile. Nous ne disons pas que c’est bien pour le garçon et/ou l’homme adultes, mais c’est très dangereux pour la femme. Les bons moments de ma carrière et surtout du centre c’est lorsque les autorités du pays, tant au niveau provincial qu’au niveau national, ont donné leur accord pour permettre la réalisation de ce grand projet de réinsertion sociale dans notre pays. Le Ministère du Plan par ordre du Premier Ministre, de décaisser les fonds dans le cadre de la coopération bilatérale, ainsi les travaux ont commencé. Le Ministère du Plan s’est chargé des infrastructures, nous aux Affaires Sociales nous avons fait le suivi et nos amis du Genre, Famille et Enfants ont le recrutement sur terrain, c’est-à-dire dans la rue (sensibiliser et convaincre à quitter la rue). Jusqu’à ce jour les trois Ministères sont restés toujours en contact. Les différents Secrétaires Généraux de ces 3 Institutions organisent des descentes sur terrain à travers les missions des inspecteurs pour contrôle et orientations. Bon, les mauvais moments sont les moments de tentions fortes. Comme le savez, une personne vivant avec handicape souffrent d’un « complexe majeur ». Pour ce faire, nous avons prévu des séances de travail avec des psychologues et médecins spécialisés pour suivre nos heureuses « internes ». Comme résultat, en 12 ans nous avons parrainés des mariages (7), des filles ont présenté les examens d’Etat (14), des naissances (11), et d’autres qui ont émergé par leurs propres efforts (3). Il y a également faible taux des femmes dans la rue (prostitution, vol, viol), nouveaux-nés et/ou bébés jetés sur les décharges publiques. La police nous aide à faire la patrouille en cas de disparution. Nous avons limité l’âge d’accueil et ainsi les plus vieilles vont dans les hospices des personnes invalides. Je vous remercie. Propos recueilli par Adrien Mpiana
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