Grève dans les entreprises publiques : nouvelle forme de résistance à la réforme


Après l’Onatra, voici la RVA qui sombre dans l’abîme. La paralysie est à la porte de cette entreprise publique en transformation. Entre les travailleurs et les cadres, des divergences sont apparentes, chacun ayant peint, à sa manière, la situation de l’entreprise dans des correspondances croisées au Premier ministre. La confusion est totale. La réforme passe pour une pilule amère pour nombre des travailleurs des entreprises publiques. Comme il est difficile de réunir l’unanimité autour d’une innovation, chaque camp déploie ses moyens de défense pour, entre autres, préserver les acquis. Le gouvernement, qui a inscrit la réforme dans le rang de ses priorités, a depuis la loi du 7 juillet 2008 portant dispositions générales relatives à la reforme planté le décor du cadre de mise en œuvre de ce processus. Cependant, sur terrain, le rang de la résistance ne fait que grossir
Si, pour la plupart des entreprises publiques, la restructuration a été clairement affirmée au travers du décret du 24 avril 2009 fixant les modalités de transformation de ces unités de production, d’autres, par contre, ont dû être alignées au régime de stabilisation. La réforme des entreprises, tout comme son corollaire, la stabilisation des entreprises, connaît depuis quelque temps de sérieux problèmes.
La méthode de résistance à la stabilisation ayant fait ses preuves à l’Office national des transports (Onatra), autrefois en contrat d’assistance technique avec la firme espagnole Progosa, la Régie des voies aériennes a vite faite d’emboîter le pas.
Ainsi, un mouvement d’arrêt de travail paralyse depuis la semaine dernière la direction générale de la RVA. Dans leurs revendications, les travailleurs de la RVA réclament notamment l’application par leur employeur du deuxième palier du Smig et la résiliation du contrat d’assistance signé en août 2008 entre le gouvernement, représenté par le Copirep, et le groupement ADPI/KPMG. L’essentiel de leurs revendications a été repris dans le mémorandum qu’ils ont transmis le 27 juillet 2010 au Premier ministre.
LES DIVERGENCES
Le document, signé par 14 délégués syndicaux et 11 représentant de l’intersyndicale RVA, relève qu’ « en observant le résultat recueilli sur terrain à quatre mois de la fin du contrat de gestion, il y a lieu de signaler que la stabilisation de la RVA est loin d’être réalisée, ce qui consacre l’échec du contrat de gestion ». « Cette situation résulte, lit-on dans ce mémo, de l’absence d’injection des ressources financières susceptibles de régler la dette sociale et les investissements de grande envergure ».
|